C’est au Continent africain d’inventer sa ville de demain…

Depuis ses jeunes années dans les ruelles de la Médina – commune du centre de la capitale où ce Casamançais de naissance a grandi –, Dakar est devenue méconnaissable, dévorée par la frénésie immobilière, les embouteillages et la pollution. L’architecte Pierre Goudiaby Atepa, 72 ans, a assisté à chaque étape de cette hérésie urbanistique. Il confie regretter aujourd’hui l’époque de Senghor, « lorsque la hauteur des bâtiments à Fann-Résidences [où il habite] était limitée strictement » et que le littoral de la Corniche-Ouest n’avait pas encore été bradé au profit d’intérêts privés.

Impliqué lui-même dans plusieurs projets de villes nouvelles dans différents pays du continent, cet architecte-conseiller des princes, businessman aux affaires florissantes et ancien président de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) observe favorablement le projet, cher à Macky Sall, de ranimer une capitale à bout de souffle en faisant émerger deux pôles urbains à l’embouchure de la presqu’île du Cap-Vert, à Diamniadio et aux abords du lac Rose. « Dakar mérite d’être revue et corrigée », résume-t-il. Au-delà d’un réflexe de survie face à l’explosion démographique et urbanistique, Pierre Goudiaby Atepa veut voir dans la construction de cette génération de « villes intelligentes » une occasion pour l’Afrique d’inventer ce que sera, demain, une cité moderne.

source: Jeune Afrique